Épistémologie Industrielle #1 – Usine Renault de Flins : 7 faits historiques peu connus

Il y a plus de 70 ans, en 1950, débutait la construction de l’usine Renault de Flins. Au cours des décennies, l’usine a produit quelques-unes des voitures les plus emblématiques du groupe.  Connaissez-vous ces 7 informations de ce site historique ?

La doyenne

Au lendemain de la guerre, le succès de la 4CV met en évidence l’exiguïté de l’usine historique de Billancourt. Pour accueillir sa deuxième usine de carrosserie et de montage (le site du Mans, construit en 1936, est une usine de mécanique) des terrains sont choisis dans les Yvelines. Localisée à 45 km environ en aval de Paris, en bordure de Seine, l’usine est à cheval sur les communes de Flins et d’Aubergenville.

C’est la plus importante et, depuis la fermeture de celle de Boulogne-Billancourt, la plus ancienne des usines de carrosserie du constructeur automobile Renault.

Une ville dans la ville 

L’usine s’étend sur 237 hectares (dont 67 sont occupés par des bâtiments), une surface supérieure à la superficie de Monaco ! Véritable ville dans la ville, l’usine dispose de sa propre centrale thermique et met à disposition de ses ouvriers toutes les infrastructures d’hygiène (douches, vestiaires…), ce qui est nouveau pour l’époque. 

Un an après son ouverture, en 1953, la Cité Renault est construite afin de loger les ouvriers aux Mureaux.

Une usine de « citadines » 

La première voiture construite dans l’usine de Flins sort le 30 janvier 1952 : il s’agit d’une Frégate. En plus de ce modèle haut de gamme (le seul de ce type fabriqué dans cette usine), les premiers véhicules produits dans l’usine de Flins sont la Juvaquatre et la 4CV, qui laisseront place à la Dauphine, puis la 4L, R8 et sa version Gordini, ainsi que la R16. En 1988, la 10 millionième voiture, une Super 5, sort de l’usine.

Plus récemment, l’usine de Flins confirme sa spécialité « citadines » en produisant les modèles Clio, Twingo, et le véhicule électrique Zoé. En 2017, Flins est la première usine française à fabriquer un véhicule de conception Nissan, la Micra.

Une collection impressionnante

En plus de ses lignes de production, l’usine de Flins abrite la collection Renault, près de 800 véhicules retraçant l’histoire du constructeur : Floride et Estafette, des Formules 1 et quelques prototypes comme l’Espace F1.

Plus étonnant encore, on y trouve même un char Renault datant de la première guerre mondiale dans les caves de l’usine.

Son petit nom

En interne, l’usine de Flins porte aussi le surnom d’ « usine Lechaufeux », en hommage au directeur de Renault qui la fit construire. Arrière-petit-fils de l’inventeur Casimir Lefaucheux, Pierre Lefaucheux est nommé « administrateur provisoire » en 1944 avant de prendre la tête de l’entreprise à sa nationalisation, en 1945 et jusqu’à son décès, en 1955.

Une production toujours plus rapide ?

De 26 000 véhicules par an en 1952, la production accélère jusqu’en 1979, qui bat le record de 412 000 véhicules en une année. En 2000, c’est un autre record qui est battu : 2051 véhicules produits en une journée. 

La production décroit ensuite régulièrement jusqu’à un peu plus de 150 000 véhicules en 2016.

La reconversion, une habitude de la maison

Si la construction de l’usine démarre en 1950, les terrains avaient été préalablement achetés pour y construire une usine de camions. Celle-ci ne verra finalement jamais le jour, laissant la place aux automobiles.

En 2020, le groupe Renault a présenté un projet de transformation de l’usine francilienne : le projet « Re-factory », la première usine européenne d’économie circulaire dédiée à la mobilité. L’usine de Flins voit l’arrêt de des activités d’assemblage, remplacées par la rénovation de véhicules d’occasion, la conversion des véhicules thermiques (essence et diesel) en électriques, ainsi que le recyclage des batteries et des matériaux de véhicules hors d’usage. Une grande première pour le groupe industriel !